Yoga au présent avec Sophie

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Le Psoas, un muscle passionnant ! 29 janvier 2013

Filed under: anatomie — yogasophie @ 10:13

La première fois que j’ai entendu parler du psoas, j’étais en formation à Toronto, au studio Downward Dog. Diane Bruni avait consacré une longue séance à différents exercices de détente du psoas, en nous garantissant que si nous consacrions du temps chaque jour à étirer et détendre ce muscle, notre vie affective et émotionnelle en serait améliorée, notre niveau de stress réduit…

Le muscle que l’on appelle couramment le psoas est en réalité l’ilio-psoas, composé du psoas major, du psoas minor (dont j’ai appris récemment qu’il n’était pas présent chez tout le monde !) et de l’illiacus. Ce groupe musculaire relie le haut du fémur à la colonne vertébrale, en passant par l’intérieur de l’os iliaque. Plus précisément, l’iliacus se rattache à l’intérieur de l’os iliaque, le psoas major est rattaché aux vertèbres lombaires (L1-L5) et à la dernière vertèbre dorsale (T12). Les deux muscles de rejoignent en haut de la cuisse.

psoas_image

Le psoas est le muscle qui nous permet de relever les jambes vers le buste, donc de marcher en mettant un pied devant l’autre. Il est en possition contractée lorsque nous sommes debout, assis… presque constamment, dans notre vie ! Un iliopsoas particulièrement court et tendu peut être responsable d’un bassin en rétroversion (un bas du dos arrondi) et de douleur dans le dos. Pour la plupart d’entre nous, il est crucial d’apprendre à le détendre et l’allonger.

Au niveau anatomique et physique, j’ai personnellement fait l’expérience de l’importance du psoas pour protéger le dos. J’ai eu à deux reprises une même blessure qui commençait avec une douleur au niveau de la première vertèbre lombaire et de la dernière vertèbre dorsale. Ron Reid, mon professeur à Toronto, me dit que mon psoas était sûrement trop long, trop souple et ne protégeait pas suffisamment mon dos, le laissant prendre une cambrure extrême. En intégrant dans ma pratique des exercices pour renforcer le psoas, j’ai appris à mieux contrôler l’avant du corps et ainsi également le degré de cambrure du dos… Aujourd’hui, je n’ai plus mal au dos !

Le travail à faire est toujours subtil et différent selon les personnes. A un niveau simplement anatomique, on cherche un psoas à la fois souple et solide, pour qu’il agisse comme un élastique qui ne serait jamais étiré à son grand maximum : comment en effet remonter le buste d’une flexion arrière si le psoas est complètement étiré et tendu comme une corde ? Mon expérience m’a appris qu’un iliopsoas long n’est pas nécessairement synonyme de relâchement et de souplesse.

A un niveau plus subtil, j’ai remarqué depuis longtemps que toutes les fois que je pratiquais uddiyana bandha kriya, cet exercice dans lequel, à poumons vide, l’on fait remonter tous les organes et muscles pour une sensation d’absorption et de légereté (voir démonstration par Gérald Disse), j’étais submergée, pendant quelques instants seulement, par une forte émotion proche de la tristesse ou de l’angoisse, comme si en massant le psoas (un des effets d’uddiyana bandha kriya) je réveillais directement une émotion qui y serait logée. J’en parlai à Amy Mingasson, avec qui je suis des séances de Rolfing (thérapie d’intégration structurale)… J’ai alors appris que le psoas est un muscle qui agit par reflexe sous l’influence d’informations transmises par notre cerveau repitilien, la première partie du cerveau à apparaître chez le foetus humain, celle qui régit les sentiments et réflexes liés au mécanisme « fight or flight » – la fuite ou la lutte. Le psoas est donc directement relié à nos craintes, nos angoisses et nos émotions les moins rationnellesCe qui signifie également que dans un état de peur plus ou moins conscient, notre psoas sera actif et tendu, prêt à nous permettre de bondir pour prendre la fuite.

Nous gagnerions tous à explorer les sensations de détente et de relâchement de ce muscle, pour le bienfait physique de notre bas du dos mais aussi dans l’idée de mieux nous connaître, de mieux connaître même les éléments inconscients qui peuvent être sources de comportements ou de sentiments habituels et involontaires. Voilà que l’on se rapproche du but du yoga – éclaircir son esprit pour ne pas être involontairement balloté par ses habitudes et remplacer les émotions habituelles par la clarté d’esprit et la pleine conscience.

Pour plus d’informations sur les exercices de détente, relâchement et étirement du psoas, consulter les articles riches et clairs de Liz Koch et plus particulièrement cet article sur Yoga Journal.

Pour un exposé anatomique sur le psoas dans les postures de yoga, consulter le blog de David Keil.

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